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Le Quotidien de Paris
28 février 1990 Jean-Jacques LEVEQUE
Tout commence comme une de ces petites saynètes enlevées et lestes de Molière. On y devise sur la fuite d'une très jeune enfant que tout préparait aux fastes de la cour, aux destinées les plus enviées. Bientôt l'auteur s'en tient au style le plus sobre, qui convient bien au récit des tribulations mystiques de son personnage, une enfant de la très haute aristocratie, proche du roi, et presque sa cousine, dévorée par une soif d'absolu qui la conduit aux cimes éprouvantes de l'ascèse, de l'isolement total, à l'auto-négation de son corps au profit d'une élévation de l'esprit qui se confond avec la douleur du Christ mort sur la croix, et interdit toute concession aux faiblesses charnelles. Portée à son point d'exigence, une quête de la solitude de l'ermite (plus étonnante encore chez une femme que tout appelait à: connaître la gloire facile des salons, le luxe tapageur de sa classe) contient une part de mystère dont rien ne nous est donné. L'auteur se contente d'exposer les faits, de suivre la quête jusqu'à son terme charnel : une mort incertaine, supposée.
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Lectures françaises
Juin 1990
H.C.
[..] L'auteur évoque cette figure exceptionnelle en historien scrupuleux et, dit-il, en supplétif de l'Église. Un très beau livre.
RME
M. Th. A.
Une ermite oubliée de la fin du XVIIe siècle, Jeanne-Marguerite de Montmorency, conduite par l'esprit de Dieu, a vécu hors du commun. A chaque étape de sa vie, elle a trouvé sur sa route un guide spirituel sûr. Le P. Luc de Bray l'a accompagnée avec prudence pendant plus de vingt ans, jusqu'au plus haut sommet de sa vie spirituelle. Si les chemins sont très divers, tout chrétien est appelé à la plus profonde union à Dieu. J.-M. de Montmorency en est un exemple particulier.
Livre de lecture facile, où transparaissent, au fil des pages, la dévotion et la théologie réparatrice du XVIIe siècle finissant.
Le Républicain Lorrain
13 avril 1990
Roger Bichelberger
[..] L'auteur, qui commence le récit de cette vie extraordinaire comme une lettre de Madame de Sévigné qui aurait été écrite au joli mois de mai 1961, s'est avant tout appuyé sur la correspondance de l'ermite avec Luc de Bray. On peut dire aussi (cela se sent) qu'il s'est pris d'amour pour "celle qui ne trichait pas" et dont la mort reste entourée de mystère.
Messages aux Sœurs
Juin 1990
[..] Récit d'une vie qui pourrait paraître complètement incroyable si elle n'était vraie, ce livre se lit comme un roman.
Cependant, au fur et à mesure que nous voyons avancer cette femme hors du commun, dans sa recherche d'union à Dieu, bien des questions se posent, parfois embarrassantes, toujours bouleversantes.
Revue du Carmel
Fr. Jean-Yves Marchand
Jeanne-Marguerite est la nièce du Prince de Condé, et a vécu sous Louis XIV. Il s'agit ici d'une biographie (vie et spiritualité), dont le fil conducteur est la correspondance que l'ermite entretient avec son directeur spirituel, Luc de Bray.
Les titres de parties et de chapitres n'indiquent pas toujours clairement ce dont ils traitent, mais le lecteur découvre vite que la première partie aborde la vie extérieure (pour ainsi dire), et les deux autres parties conduisent dans la vie intérieure, spirituelle.
Le style est vivant et la lecture est donc passionnante, agréable. L'auteur fait revivre une époque, dans la vie de la Cour, les grands débats, et plusieurs villes.
De brèves affirmations synthétisent bien les progrès spirituels (dans l'oraison : p. 53 ; dans la perception de l'inutilité du monde : p.60) et les grands axes de sa structure intérieure (centres de sa spiritualité : p. 225 ; type de sa morale : p. 235).
Nous avons là une expérience mystique qui intéressera les contemporains assoiffés d'absolu.